L’indépendance de la Belgique a eu des conséquences désastreuses pour le néerlandais en Belgique. Le français est devenu la seule langue officielle, avec pour effet de supprimer des écoles dans lesquelles la langue populaire, à savoir le néerlandais, était utilisée. Ce nouvel Etat unitaire artificiel comportait néanmoins une frontière, avec au nord la Flandre néerlandophone et au sud, la Wallonie francophone. Bruxelles était située géographiquement dans la partie flamande mais était bilingue.
Tout au long du 19e siècle et durant une bonne partie du 20e siècle, l’émancipation des Flamands était liée à la lutte qui visait à mettre le néerlandais sur un pied d’égalité avec le français, tandis que l’Etat belge menait une politique de francisation active. Cet impérialisme culturel a conduit à la montée du mouvement flamand, un mouvement émancipatoire qui militait pour une position équivalente du néerlandais dans la vie publique. Peu à peu sont alors apparues à partir de la fin du 19e siècle des lois linguistiques qui ont « néerlandisé » l’administration, l’enseignement et la justice en Flandre.
La première loi linguistique date de 1873. L’instauration du suffrage universel masculin (1893) a préparé la venue de la loi dite d’égalité de 1898, qui reconnaissait le néerlandais comme la deuxième langue officielle de Belgique. Les Wallons ne voulaient cependant pas de statut bilingue officiel pour la Belgique. C’est donc un compromis qui a été atteint en 1932 : la Flandre est devenue néerlandophone, la Wallonie francophone et Bruxelles officiellement bilingue. La frontière linguistique a été fixée en 1963. Et la Constitution belge n’a été traduite en néerlandais pour la première fois qu’en 1967.
Au 20e siècle, le flamingantisme linguistique s’est mué en une lutte pour davantage d’autonomie politique. A partir de 1970, la Belgique a connu cinq réformes de l’Etat qui ont finalement transformé le pays en un Etat fédéral avec trois communautés (flamande, française et germanophone) et trois régions (flamande, wallonne et bruxelloise). Depuis 2007, les Flamands tentent d’instaurer une sixième réforme de l’Etat qui apporterait aux entités fédérées une plus grande autonomie fiscale assortie de responsabilités propres pour les revenus et les dépenses, mais aussi pour la politique d’emploi, les soins de santé, la justice et d’autres matières.


Contrairement aux entités fédérées dans d’autres fédérations, les régions en Belgique sont uniquement compétentes pour ce que l’on appelle les affaires territoriales comme l’aménagement du territoire et l’urbanisme, l’économie, l’emploi, l’agriculture, les travaux publics… La Région flamande compte 6,2 millions d’habitants, la Région wallonne 3,5 millions et la Région de Bruxelles-Capitale 1,1 million.
Les communautés sont responsables des affaires directement liées aux habitants : l’enseignement, le bien-être, le sport, les médias et la culture. Comme la Belgique a trois langues officielles, il y a aussi trois communautés : la Communauté flamande, la Communauté française et la Communauté germanophone. Dans la Région de Bruxelles-Capitale (ville de Bruxelles et 18 communes), les Communautés flamande et française sont compétentes conjointement.
La Belgique n’est pas un Etat fédéral traditionnel. La fédération, les communautés et les régions sont en effet au même niveau et les lois fédérales ne se situent pas au-dessus des décrets (les lois des communautés et des régions). Le niveau fédéral est encore compétent pour la justice, la sécurité sociale, la défense, la politique étrangère et certains volets de la politique de l’emploi et de la politique économique. La politique monétaire est essentiellement entre les mains de l’Union européenne.
En Flandre, la Communauté flamande et la Région flamande ont été regroupées en une seule entité fédérée (capitale Bruxelles) avec un Parlement flamand et un gouvernement flamand. Au sud du pays, en revanche, la Région wallonne (capitale Namur) et la Communauté française (capitale Bruxelles) constituent deux entités bien distinctes, qui ont chacune leur propre parlement et leur propre gouvernement. La Région bruxelloise aussi a son propre parlement et son propre gouvernement.
Le Parlement flamand compte 124 membres élus directement. Le parlement est élu tous les 5 ans. Les élections tombent en même temps que les élections européennes.
Les élections flamandes les plus récentes remontent à 2009.
Le gouvernement flamand actuel est une coalition du CD&V (chrétiens-démocrates), de la sp.a (socialistes) et de la N-VA (nationalistes flamands). La N-VA compte deux ministres dans le gouvernement flamand : Philippe Muyters (budget, emploi, aménagement du territoire et sport) et Geert Bourgeois (vice-ministre-président, affaires administratives, administration intérieure, intégration civique, tourisme et périphérie flamande).